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Largement sollicité, ce touche-à-tout
numérique nous livre ici quelques-uns de ses travaux de commandes
et illustrations personnelles !
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Art Numérique:
Laudator par Thierry Guilbert
Laudator fréquente
la photo depuis vingt ans. Doublement formé à l'ACE3P
et à Louis Lumière, Laudator se spécialise
très vite dans la photo pour magazines.
Il se fait remarquer avec un reportage sur
le thème des arts éphémères en lieux
publics (performances, événements artistiques, spectacles
de rue ...); sujet pour lequel il obtiendra une bourse du service
photo du ministère de la Culture de l'époque. En tout,
il y consacre trois à quatre années en tandem avec
une journaliste spécialisée dans le domaine artistique,
Irène Exiga,avec qui il rencontre quelque 300 artistes d'une
dizaine de pays européens.
En 1988 en bon sponsor, la RATP lui propose de
monter deux expositions itinérantes sur la base de son reportage.
Ses premiers travaux en numérique remontent
à 1991. Et ses premiers attouchements de souris, Laudator
les pratique sur une Beta 07 américaine de Photoshop, version
sur laquelle il entame son autoformation qu'il poursuivra avec les
différentes évolutions du logiciel d'Adobe.
Mais 1992 sera véritablement l'année
du numérique pour Laudator qui, au travers de travaux de
commande, se retrouve parmi les précurseurs dans le domaine
de la prise de vues numériqueavec les premiers appareils
Leaf : " je me suis retrouvé à participer aux
premières expériences de prises de vues numériques
avec les appareils photos Leaf pour réaliser les premiers
catalogues numériques ", raconte Laudator.
Depuis 1995, il réalise également
de nombreuses couvertures de romans policiers et d'épouvantes
aux Editions Fleuve Noir, Albin Michel, le Reader's Digest et la
collection J'ai lu ... Un exercice de photomontage qui lui réussi
puisque prés de 200 couvertures sont signées Laudator.
Une démarche d'illustrateur
Photomonteur, illustrateur, intermédiaire
numérique, Laudator maîtrise plus d'une trentaine de
logiciels. Parmi les inévitables, Photoshop, Painter mais
aussi Poser qu'il trouve cependant assez limité.
En véritable compositeur d'images, il s'est
habitué à une méthode de travail qui lui permet
de répondre très rapidement aux commandes des agences.
Comme beaucoup de photographes, il s'est constitué un fond
iconographique important. En tout, quelque 35 000 images ont été
soigneusement référencées et indexées
sous Cumulus. Une véritable base de données très
détaillée qu'il a, depuis deux ans, indexée
en fonction de ses besoins en photomontage.
" Je ne fais pas que de la prise
de vues numérique mais également du scan direct, de
la création digitale de textures ... ", autant
d'images qui viennent alimenter son stock. Sa thématique
la plus récurrente, les visuels dits "
nouvelles technologies ". A son
tableau de chasseur d'images, s'ajoutent également ses nombreuses
requêtes auprès des banques d'images on-line spécialisées.
Aussi, les catalogues de Présentation Directe et FontShop
n'ont plus de secrets pour lui. Les banques, même si leur
nombre ne cesse de croître, Laudator les connaît toutes.
Son travail de création, il l'articule
simplement comme un illustrateur standart. "
Après le brief, je me lance dans une recherche et me documente
excessivement sur le sujet concerné par la création.
Je livre ensuite un premier rough, généralement créé
à la taille du document de sortie. L'image est d'ailleurs
finalisée à 80-90% avant le rendu définitif.
Ensuite je passe à l'exécution ",
explique-t-il. Cette méthode a d'ailleurs pas mal changé
depuis qu'il utilise le web au quotidien.
"Avec l'internet, toutes les étapes
de fabrication de l'image s'accélèrent. En dehors
du confort apporté - il y a moins de temps mort - je remarque
une nette amélioration de la qualité des images réalisées.
Grâce à l'échange directement par le web, les
discussions avec les directeurs artistiques sont plus riches. Et
je peux surtout retoucher les visuels, souvent dans l'heure, comme
si je me trouvais dans les locaux du client ", explique-t-il.
Cet aller-retour par mail, Laudator le pratique très souvent
avec les directions créatives. Il aime à dire qu'il
travaille en " partenariat
créatif ", ce qu'il fait
d'ailleurs régulièrement avec ses amis artistes :
plus d'une quinzaine.
Aujourd'hui équipé de deux Power
Computing avec 500Mo de Ram, Laudator bénéficie d'un
confort qui lui permet d'ouvrir et de travailler sur des images
de 200 à 300 Mo. Cependant, le photomonteur hésite
à lêcher son clone pour un G4, voire même un
PC. A l'origine de ce questionnement, la 3D. Les logiciels dans
ce domaine étant plus répandus dans le monde PC, l'artiste
s'interroge encore sur les options à prendre.
Book ou portail ?
" Dans l'outil numérique, il y
a un aspect immédiat comme avec le polaroïd mais en
beaucoup plus puissant et plus riche. Sur le web, on peut publier
directement des images réalisées quelques minutes
auparavant ".
Cependant, le principal danger semble être une forme de précipitation
: " on a souvent besoin de recul, de laisser reposer une création
pour mieux y revenir ".
Aussi, avant de se mettre sur le web, Laudator
a longuement réfléchi pendant quelques mois sabbatiques.
" Je voulais entrer sur le web de
manière importante. J'ai pris le temps de réfléchir
sur le fond, l'idée des images que j'allais y mettre.
En plus, j'avais une véritable soif d'Internet. Je passais
facilement vingt heures connecté pour voir ce qui s'y faisait
". Ainsi, après moultes
réflexions, son site (www.laudator.com) voit le jour en novembre
99.
Déjà, il réfléchit
à la prochaine évolution. Même s'il ne cherche
pas l'audience, quoiqu'il puisse s'enorgueillir d'une bonne fréquentation,
une centaine de visiteurs par jour.
Ce qui le "branche"
avant tout, c'est d'aller vers plus de professionnalisme.
D'ailleurs, son site lui sert volontiers de book on-line:
" les agences avec lesquelles je
suis amené à travailler sont de plus en plus familiarisées
avec les books on-line. Comme je travaille énormement par
mail, j'envoie en général l'URL de mon site. 80% des
professionnels auxquels je communique l'adresse se connectent pour
voir mes travaux " explique-t-il.
Il oriente aujourd'hui son expérience vers
un projet de grande envergure : un site portail sur l'art visuel,
son dernier projet lancé avec nombre de ses amis une trentaine
d'artistes, de photographes et autres professionnels du numérique.
Le site se veut être une porte d'entrée pour tous les
gens concernés par le numérique. Le site, ArtPortail,
référence des informations pratiques (annuaires pro,
écoles d'art, agenda, expositions ...), des conseils de réalisation,
de référencement de sites ... bref, tout ce qui passe
et doit être connu par les professionnels.
A consulter absolument !
Magazine Création
Numérique - Mars 2000
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